19-09-2026 Classement d'espèces de montagne, quelles conséquences ?
La récente décision du Gouvernement d'entériner la proposition de la Ministre de sortir le Grand Tétras et le Lagopède alpin de la liste des espèces chassables constitue en réalité une erreur aux lourdes conséquences pour leur conservation.
Il existe aujourd'hui une incompréhension réelle du public et de certaines juridictions autour de la position des Fédérations des Chasseurs sur la gestion d'espèces fragilisées. Il est donc nécessaire d'en rappeler les fondements.
Les Fédérations des Chasseurs défendent une approche pragmatique et éprouvée, la conservation par l'usage. Elle repose sur un principe simple : les politiques de protection sont plus efficaces lorsqu'elles s'appuient sur des acteurs de terrain, investis et directement concernés par le devenir des espèces.
La gestion cynégétique adaptative s'inscrit dans cette logique. Elle ne se limite pas aux prélèvements mais repose sur la connaissance scientifique, l'observation de terrain et l'ajustement des pratiques selon l'état réel des populations. C'est ainsi qu'en Haute-Garonne les prélèvements de Grand Tétras se limitaient à cinq oiseaux en 25 ans.
Surtout, elle permet une mobilisation concrète de nos chasseurs à travers des milliers d'heures de bénévolat, des investissements financiers fédéraux significatifs, et des actions de terrain en faveur des habitats. Ce modèle allège d'autant l'effort public et le coût pour le contribuable, et garantit un rempart contre d'autres usages autrement plus délétères pour les espèces.
Son équilibre repose sur l'intérêt des chasseurs, qui devient un moteur d'engagement au service de ces espèces. À l'inverse, opposer de manière idéologique chasse et conservation revient à ignorer une réalité essentielle : retirer l'intérêt, c'est retirer l'engagement.
Or, en matière de biodiversité, les résultats dépendent des moyens réellement mobilisés, pas des intentions affichées. Preuve en est, la rareté des investissements humains et matériels engagés jusqu'alors par les associations naturalistes et nos opposants sur ces questions.
Mettre fin à toute gestion cynégétique sans discussion comme cela a été le cas ici, c'est fragiliser les réseaux existants, perdre des capacités de suivi et réduire l'action sur le terrain. Les Fédérations ne demandent pas une reconnaissance de principe, mais que l'on regarde la réalité : le système avait fait ses preuves, produisait des données et agissait concrètement pour les espèces.
Pour la FDC31, l'engagement ne se décrète pas. Il repose sur un équilibre, aujourd'hui rompu. Notre Fédération tire donc les conséquences des décisions prises par le Ministère de l'Environnement : on ne peut pas, d'un côté, retirer aux acteurs de terrain tout levier d'implication, et de l'autre attendre qu'ils continuent à mobiliser gratuitement du temps, des moyens et de l'énergie comme si rien n'avait changé.
Car en matière de biodiversité, les décisions idéologiques ont des conséquences durables. Et à trop simplifier les modèles, on affaiblit précisément ce que l'on prétend protéger.
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