19-03-2026 Moratoire Lagopède alpin : remettre les faits au centre du débat
Plusieurs associations ont récemment communiqué sur une « victoire » obtenue devant le Conseil d'État conduisant à la suspension pour cinq ans de la chasse du Lagopède alpin.
Présentée comme une décision majeure pour la protection de l'espèce, cette annonce mérite pourtant d'être replacée dans son contexte :
- D'abord, parce que ces associations demandaient le classement de cet oiseau en tant qu'espèce protégée. Loin d'être une victoire, les associations ont été défaites par le Conseil d'Etat sur ce point.
- Ensuite, parce qu'au-delà de la question cynégétique, les spécialistes et le Conseil d'Etat s'accordent sur le fait que les difficultés rencontrées par ce galliforme sont avant tout liées à des facteurs multiples et structurels : évolution climatique, modification des habitats, pression touristique, fragmentation des milieux.
- Enfin, parce que depuis des décennies, la chasse de cet oiseau était déjà très fortement encadrée, voire inexistante dans de nombreux départements, à l'initiative même des chasseurs et de leurs fédérations.
Les données de l'Observatoire des Galliformes de Montagne montrent qu'au cours des dernières années les prélèvements avaient été fortement réduits. En effet, dans 9 départements sur 12 où l'espèce est présente, les Fédérations des Chasseurs avaient déjà fixé le Prélèvement Maximum Autorisé à zéro individu, comme c'est le cas en Haute-Garonne depuis plus de 20 ans. Dans les quelques départements restants, les quotas étaient extrêmement limités, de l'ordre de quelques oiseaux par an.
Autrement dit, la gestion cynégétique avait depuis longtemps intégré l'état préoccupant des populations du Lagopède alpin, en adaptant ou en suspendant localement le prélèvement sur la base des suivis réalisés par les chasseurs et d'évaluations régulières avec d'autres acteurs du territoire.
Ce travail de gestion repose sur des dispositifs reconnus, associant scientifiques, associations naturalistes, gestionnaires d'espaces naturels, agriculteurs, forestiers et services de l'Etat. Ces démarches collectives permettent de partager, de dialoguer et d'ajuster les pratiques en fonction de l'état réel des populations et des dynamiques observées sur le terrain.
Dans ce contexte, la décision du Conseil d'État formalise en grande partie une situation déjà largement appliquée dans les territoires, reposant avant tout sur une approche concertée et territorialisée, bien loin des raccourcis qui peuvent parfois circuler dans le débat public.
La Fédération de Chasseurs de la Haute-Garonne continuera quant à elle à s'appuyer sur les données scientifiques et le dialogue entre les acteurs de terrain pour adapter la gestion de la faune sauvage et contribuer à la conservation durable des espèces et de leurs habitats.
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