30-09-2026 Projet DEBORA : Relevés floristiques des bordures de champs dans l’outil Ecobordure
Le projet DEBORA est un projet national mené de 2025 à 2028 et porté par la Chambre régionale d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine, en collaboration avec l'INRAE de Rennes. Il vise à décliner l'outil Ecobordure sur deux nouvelles zones biogéographiques, à accompagner les transitions agroécologiques et à favoriser le partage d'expériences entre acteurs du monde agricole.
Dans le cadre d'un stage à la FRC Occitanie consacré à l'adaptation de l'outil Ecobordure à la zone Sud-Ouest, des relevés floristiques sur des bordures de champs et des enquêtes auprès des agriculteurs ont été réalisés en mai et juin 2026, en Haute-Garonne, dans le Gers et le Tarn-et-Garonne.
Les données à l'échelle du territoire
19 exploitations agricoles ont participé à l'étude, permettant l'échantillonnage de 205 bordures de champs. Au total, 324 espèces végétales ont été recensées, avec une moyenne de 21 espèces par bordure. Ces chiffres illustrent le rôle important qu'ont les bordures de champs en tant que réservoir de biodiversité au sein des paysages agricoles. Les bordures accueillent un large spectre d'espèces, des généralistes très communes mais aussi des espèces plus rares, observées sur des milieux plus spécifiques. Il y a par exemple la Petite Centaurée (Centaurium erythraea, cf photo) appréciant les milieux pauvres, qui trouve refuge dans les bordures ne subissant pas la dérive des engrais. Au sein des bordures stables préservées de perturbations majeures, on retrouve des espèces patrimoniales comme des orchidées avec l'Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis, cf photo) ou l'Ophrys abeille (Ophrys apifera, cf photo).

Quels facteurs influencent le plus la végétation des bordures ?
La largeur de la bordure
Plus une bordure est large, plus elle sera riche en espèces. Cette largeur favorise une diversité de micro-habitats et joue un rôle tampon face aux perturbations issues de la parcelle adjacente, telles que la dérive des intrants ou le travail du sol. Une largeur minimale de 1,5 à 2m est recherchée pour une bordure fonctionnelle.
La fréquence et la période d'entretien
Un entretien modéré, sans mise à nu du sol, maximise la richesse en espèces. Il permet le maintien d'un couvert herbacé pérenne diversifié, offrant ainsi une hétérogénéité des habitats.
La période d'intervention influence également la composition végétale, un entretien trop précoce empêche l'accomplissement du cycle de vie des plantes et limite donc la diversité. Un entretien tardif, à partir du mois d'août est donc à privilégier.
Et demain?
Ces relevés permettront de définir la liste d'espèces indicatrices adaptée à la zone biogéographique sud-ouest, en collaboration avec les partenaires de Nouvelle-Aquitaine, dans l'objectif de disposer d'un outil de diagnostic opérationnel en 2028.
Remerciements
Nous tenons à remercier à nouveau les agriculteurs qui ont permis la réalisation de ces relevés, ainsi que le Conservatoire Botanique National des Pyrénées et de Midi-Pyrénées pour son appui technique.

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