Retour aux actualités

18-03-2020 Réseaux de mares 2/2 : des synergies à préserver

Réseaux de mares 2/2 : des synergies à préserver

Nous avons vu précédemment l'intérêt des réseaux de mares pour la sauvegarde de la faune et de la flore (cliquer ici pour voir l'article).

S'ils sont cruciaux pour assurer la résilience des espèces face aux perturbations et pour une gestion de l'eau plus efficace dans les territoires, les réseaux de mares sont aujourd'hui en danger. En effet, un réseau de mares n'est fonctionnel que s'il comporte suffisamment de mares et d'éléments permettant les échanges entre elles. Or, mares et haies disparaissent à un rythme alarmant. On estime que 90% des mares ont disparues de France métropolitaine depuis les années 1900 [1].

La disparition d'une haie ou d'une mare a des conséquences désastreuses dans les petits réseaux. Au fur et à mesure que ces éléments disparaissent, les échanges sont de plus en plus réduits, conduisant à l'isolement des mares restantes et à la disparition du réseau.

[1] Zones Humides Infos (2013) « Mares et réseaux de mares ». n° 80-81

Comment préserver les réseaux de mares ?

Afin de préserver les réseaux de mares, plusieurs méthodes existent :

La conservation : La première étape de la préservation des réseaux de mares est de conserver l'existant en présentant aux acteurs locaux l'importance de ces réseaux et éviter ainsi les comblements volontaires. Pour cela, il faut inviter les acteurs locaux à répertorier les mares et à les prendre en compte dans leurs pratiques et dans leurs documents de planification.

L'entretien et la restauration : Si certaines sont comblées volontairement, la grande majorité des mares sont aujourd'hui oubliées, vouées à disparaitre progressivement de manière naturelle par accumulation de vase ou étouffement par la végétation. L'entretien régulier des mares par curage et gestion de la végétation est nécessaire, en prenant soin de ne pas impacter la biodiversité présente.

La création : En parallèle de la conservation et de l'entretien des éléments existants, la création de nouvelles mares et la plantation de haies champêtres peuvent être étudiées pour renforcer les réseaux fragiles en créant de nouveaux réservoirs de biodiversité et en facilitant les échanges entre ces derniers. Les créations de mares doivent toutefois être sérieusement étudiées préalablement puisque la mare créée met un temps important à trouver un équilibre.

Afin de préserver ces milieux particuliers, de nombreux acteurs des territoires : propriétaires, collectivités, agriculteurs, chasseurs, naturalistes ..., s'engagent aujourd'hui à conserver, à restaurer et à développer les réseaux de mares.

La préservation des mares en réseau dans le cadre de MiLeOc

Dans le cadre du programme MiLeOc, programme mené par les Fédérations des chasseurs d'Occitanie et leurs partenaires, un total de 193 mares ont pu être restaurées dans 6 départements d'Occitanie grâce à la mobilisation des acteurs locaux.

Les restaurations sont orientées vers les mares situées dans deux types de réseaux :

  • Les réseaux de mares directs : mares proches géographiquement
  • Les réseaux de mares indirects : mares reliées par des éléments de connexion (haies, lisières, cours d'eau, fossés).

Par un système de notation, les mares situées dans des réseaux fragiles (c'est-à-dire ceux constitués d'un faible nombre de mares) sont mises en avant. Cette notation est adaptée au contexte de chaque territoire afin de répondre aux enjeux locaux (densité de mares et de milieux humides, présence de réseaux directs, ...).

Cette notation vient s'ajouter aux autres critères de sélection des mares : état de dégradation, hydrologie, contexte, ressource en eau, zones d'intérêt pour la biodiversité.

Ce système de priorisation permet d'optimiser les restauration en orientant les efforts vers les mares qui jouent un rôle important au sein des territoires.

Actions complémentaire de restauration d'un réseau de mares

Légende de l'image : actions complémentaires de préservation d'une mare en réseau et de ses connexions par le Syndicat Mixte de Bassin du Lemboulas, la Fédération des Chasseurs du Tarn-et-Garonne, et le propriétaire agricole local. A gauche : plantation d'une ripisylve en bords de cours d'eau. Au centre : plantation d'une haie. A droite : restauration d'une mare (photo prise après les travaux). Crédit photo FDC82

---

A l'initiative des Fédérations des Chasseurs, le projet MiLeOc vise à connaitre, à sauvegarder et à restaurer les Milieux Lentiques d'Occitanie, c'est-à-dire les écosystèmes d'eau douce à renouvellement lent (mares, étangs, marais ...)

Logos projet MiLeOc
Logos projet Mileoc

Partager l'actualité