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29-03-2019 Grand Débat National

Contribution de la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Ariège

Dans le cadre du grand débat national, la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Ariège a organisé deux réunions préalablement annoncées sur le site gouvernemental dédié à cet effet le 7 février 2019.

Elles se sont déroulées le lundi 11 février 2019 à 20 heures 30 au siège de la Fédération « Le Couloumié » Labarre 09000 Foix et le 18 février 2019 à 20 heures 30 à la salle communale 09160 Caumont.

Elles ont réuni respectivement 47 et 38 participants.

Les avis et propositions suivants ont émergé de manière unanime ou très majoritairement et les participants ont donc souhaité qu'ils soient « remontés ».

En début de réunion, il a été également acté que seuls les sujets relevant de l'environnement en général ou de la chasse en particulier seraient discutés. Chacun restant libre bien sûr d'aborder tout autre sujet l'intéressant lors d'autres rencontres organisées dans le cadre du grand débat national.

Sur le référendum d'initiative citoyenne

La « réflexion d'initiative cynégétique » conduite à l'occasion de ces rencontres fait remonter à une très grande majorité une forte crainte de voir les populations rurales minoritaires et leurs activités, parmi lesquelles bien sûr la chasse, mais aussi l'élevage, l'agriculture, l'exploitation forestière être les premières victimes de ces référendums. De manière peut-être caricaturale mais sans doute réaliste, certains ont même pronostiqué d'ores et déjà un premier tiercé gagnant (tauromachie, gavage des oies, chasse) si la possibilité est offerte de poser n'importe quel type de question.

Les participants concluent en considérant que le référendum d'initiative citoyenne serait à la rigueur acceptable sous réserve qu'il ne vise que les seules questions essentielles de constitutionnalité et de société (proportionnelle, vote blanc, fin de vie, peine de mort...) et que le mode de convocation échappe aux réseaux sociaux.

Sur le rôle des élus

De manière unanime, les participants s'accordent pour exprimer leur soutien absolu à l'échelon communal et donc au Maire, élu local de proximité indispensable au lien social et citoyen en milieu rural. Au-delà de la nécessité de mutualisation des moyens, la fusion des communes parait plus adaptée pour les territoires ruraux plutôt que la montée en puissance des communautés de communes ou des agglomérations.

Sur l'éducation à l'environnement

Unanimement les participants regrettent les nombreuses dérives « partisanes » constatées au niveau de l'éducation nationale où certains profitent de leur position d'autorité sur les scolaires pour faire du prosélytisme en faveur de croyances, mouvances ou associations (véganisme, anti-spécisme, militantisme divers...). Ils souhaitent qu'il soit exigé, en matière d'éducation à l'environnement, à l'écologie, à la biodiversité, que seuls les programmes officiels puissent être abordés et que ces derniers soient construits en toute neutralité, il en va de même pour les sujets d'examens.

La même neutralité doit être exigée pour l'ensemble des fonctionnaires de l'Etat quel que soit leur service d'affectation qui trop souvent, notamment au sein des services environnementaux, confondent l'exécution de missions d'intérêt général avec la promotion de leur sensibilité personnelle. Sans aucun doute, une des raisons principale de « la défiance » des ruraux pour l'état en général et ses services en particulier trouve ses racines dans cette situation inacceptable.

Sur le pouvoir d'achat et les finances publiques

Les participants souhaitent faire remonter les incohérences en matière d'utilisation excessive des finances publiques pour la réalisation de missions pseudo environnementales. Alors que chacun s'attache à dénoncer un état trop dépensier, et que certains citoyens (les chasseurs) peuvent réaliser pour le compte de l'état et gratuitement les actions visées, on ne peut que regretter que les finances publiques soient engagées dans une gestion désastreuse des espèces pour lesquelles une gestion au fil de l'eau en fonction de leur état de conservation, plutôt qu'au regard d'un statut inadapté serait préférable.

A titre d'exemple, on peut citer la gestion du loup pour laquelle les chasseurs réalisent la quasi-totalité du quota de prélèvement annuel gracieusement pour le compte de l'état.

La gestion du grand cormoran pour laquelle les chasseurs réalisent le quota annuel gracieusement pour le compte de l'état.

La destruction de bouquetins que les chasseurs auraient pu réaliser gracieusement pour le compte de l'état, notamment par le biais d'une nouvelle gestion de l'espèce.

La gestion de la crise de la Peste Porcine Africaine pour laquelle les chasseurs réalisent les prélèvements pour le compte de l'état.

Chacun s'accorde également à dire que les dépenses publiques auraient à pâtir de l'absence des actions de régulations des espèces, notamment de grand gibier, réalisées par les chasseurs.

Ainsi les participants considèrent que ces services rendus devraient faire l'objet de compensations financières.

A l'heure de la baisse du permis national à 200 €, pour raisons de pouvoir d'achat, on ne peut donc que s'étonner que l'état continue de louer fort cher (73 000 €/an par exemple à une AICA ariégeoise) les territoires domaniaux gracieusement accessibles pour d'autres usages. La gratuité des lots amodiés aux ACCA(s) et AICA(s) permettrait (grâce à des prix de cotisation sociétaire moindre) le maintien des chasseurs en nombre suffisant, en particulier des jeunes sur des territoires difficiles, notamment en zones de montagne, où leur action de régulation des espèces est essentielle et engagera demain, si rien n'est fait, les finances et les services de l'état. Le manque à gagner pour l'Office National des Forêts est largement compensé par les économies réalisées.

De la pénalisation de certains actes

Les activités rurales légales (élevage, agriculture, exploitation forestière, chasse...) pratiquées par des minorités sont régulièrement et de plus en plus violemment attaquées. L'ensemble des participants demande des sanctions effectives et plus sévères contre les auteurs, y compris et surtout lorsque les réseaux sociaux sont utilisés pour commettre ces délits, dès lors qu'injures, menaces (parfois de mort), incitation à la violence et à la haine envers les autres sont proférées.

De la lourdeur administrative

En matière de chasse, comme pour tous les actes de la vie quotidienne, l'ensemble des participants regrette la multiplication et la superposition inutiles des contraintes administratives. Cette réalité met trop souvent le citoyen chasseur en difficulté et n'ajoute rien à une gestion efficace des espèces et des espaces. La multiplication et la superposition des zonages de protection, la complexité des règles relatives à la chasse et/ou la détention de certaines espèces gibiers, la consultation systématique du public qui allonge inutilement les délais d'instruction et qui offre des tribunes inutiles aux opposants systématiques sont notamment visées.

Une simplification administrative et la suppression de la consultation du public pour les actes les plus anodins (modification de réserves d'ACCA, arrêté préfectoraux d'ouverture et de fermeture de la chasse...) sont demandées.

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