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09-11-2018 Un aigle royal soigné à Mazères relâché près du col du Chioula

Un aigle royal soigné à Mazères relâché près du col du Chioula

L'aigle royal relâché ce jeudi est une femelle adulte qui pèse 5 kg./ Photo DDM, D. S.

Mi-septembre dernier. Alors qu'il se promène dans les ruelles de Savignac-les-Ormeaux, un habitant de cette commune voisine d'Ax-les-Thermes, en Ariège, entend un bruit mat provenant de la place voisine. "J'ai pensé à un objet tombé depuis un balcon" , raconte cet Axéen. Mais alors qu'il arrive sur la place, la curiosité cède la place à la surprise. "En allant voir ce que c'était, je me suis retrouvé face à cet aigle. J'ai donc appelé un vétérinaire pour le prévenir et lui demander quoi faire. Il m'a renvoyé vers la fédération de chasse pour qu'elle fasse le transport jusqu'au Domaine des oiseaux" , explique l'homme qui, en attendant l'arrivée des techniciens, a attrapé le rapace. "Quand je me suis approché, il a commencé par étaler ses ailes. C'était plutôt impressionnant. Puis je suis arrivé par-derrière et je l'ai attrapé" , détaille-t-il.

L'aigle souffrait d'une luxation, manifestement consécutive à un choc

Le rapace en question est un aigle royal adulte, une femelle d'environ 5 kg, qui a donc passé un premier week-end à Mazères. "Il avait un problème à une aile, ce qui l'empêchait de voler. On l'a mis dans une volière mais il ne s'alimentait pas. Donc on l'a transporté jusqu'à l'école vétérinaire de Toulouse, avec qui nous avons un partenariat, pour qu'ils s'en occupent" , explique Thomas Razat, l'un des deux soigneurs, avec Pauline Viès, du Domaine des oiseaux. L'aigle souffrait, en effet, d'une luxation de l'aile, manifestement consécutive à un choc. Il a donc bénéficié de soins avant d'être forcé à se nourrir. Une fois rétabli, le rapace est revenu en basse Ariège où, pendant un mois, il a été enfermé dans une volière et a subi une cure de rééducation.

Il ne voulait pas prendre ses repas devant les soigneurs

" Il a réappris à voler et à chasser car, alors que certains mangent des animaux morts — même si l'aigle n'est pas réputé pour être un charognard — lui n'en a pas voulu. On lui a donc amené des pigeons et des lapins vivants pour qu'il puisse manger" , détaille Thomas Razat qui, avec sa collègue, regrette de ne pas l'avoir vu en train de prendre ses repas. "Il attendait qu'on s'en aille" , sourient les deux soigneurs qui ont donc "bichonné" leur pensionnaire insolite jusqu'à ce jeudi. Car ce jeudi matin, alors qu'il était "en pleine forme" , l'aigle a été relâché. "Nous le ramenons au Signal du Chioula, d'une part parce que c'est dans le secteur où on l'a retrouvé. Ensuite, parce qu'au niveau de la table d'orientation, il y a une aire de départ de parapente. Nous avons donc de la place pour procéder au lâcher" , indiquent Thomas Razat et Pauline Viès. Mais avant de retrouver le ciel et les montagnes ariégeoises, l'aigle a été pesé, après une tentative, infructueuse, de pose d'une bague?: "Sa patte est trop grosse. Pourtant, c'est une bague exprès pour les aigles?!" , s'étonnent les soigneurs qui ont donc préféré abandonner leur idée. En toute fin de matinée, en présence d'une demi-douzaine d'élèves vétérinaires toulousains, d'un technicien de la fédération de chasse de l'Ariège, et de son "sauveteur" axéen, et après une heure et demie de route depuis Mazères, l'aigle a retrouvé sa liberté depuis le col du Chioula. Après s'être débarrassé d'un groupe de corneilles peu ravies de cette intrusion, le rapace a disparu en direction de l'Aude voisine...

Le Domaine des oiseaux est centre de soins depuis 2011

Depuis 2011, le Domaine des oiseaux est habilité pour être un centre de soins. Le site a obtenu un agrément et les deux soigneurs, Pauline Viès et Thomas Razat, sont titulaires d'un certificat de capacité. Cela leur permet de s'occuper d'une grosse centaine d'oiseaux — toutes espèces confondues — par an, en plus de tous les volatiles pensionnaires du Domaine. Sachant que les cas les plus difficiles sont confiés à l'école vétérinaire de Toulouse.

2 Aigles soignés à Mazères

Le rapace relâché hier au Chioula est le deuxième aigle royal à avoir séjourné au Domaine des oiseaux, à Mazères. Le premier y a été soigné en 2013. Dernièrement, il y a eu un gypaète barbu, retrouvé malade à Ercé. Mais son état de santé a nécessité son transfert vers l'école vétérinaire de Toulouse où il est toujours soigné.

DENIS SLAGMULDER (DDM)

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